1.7 Faisons des recherches !
Avant de faire des recherches sur l’éducation, d’abord regardez les vidéos dans la liste au-dessous et répondez aux questions de compréhension.
Vidéo 1 : Le Système d’Éducation au Québec
Transcription
(0:00 – 0:11)
Yo, salut, moi c’est Émile, j’ai 18 ans. Et tout ce que vous allez entendre dans cette vidéo, bien que basé sur beaucoup de faits véridiques et témoignages concrets, ça reste mon opinion. Ça fait très longtemps que je voulais faire une vidéo là-dessus.
(0:11 – 0:21)
Aujourd’hui, on parle du système d’éducation. Sur Internet, il y a des milliers de vidéos qui parlent de ça. Qui nous parlent du grand problème du système d’éducation.
(0:21 – 0:27)
La vérité, c’est que c’est pas aussi simple que ça. On s’est battu pendant des décennies pour avoir le droit à l’éducation. On se bat encore aujourd’hui.
(0:27 – 0:36)
Aller à l’école dans les pays occidentaux, c’est considéré comme banal et ennuyant. Aller à l’école dans les pays du tiers monde, c’est un luxe. En 2000, les Nations Unies fixent un objectif.
(0:36 – 0:47)
Que tous les enfants dans le monde puissent au moins terminer l’école primaire. Ce but devait être complété pour 2015. La vérité, c’est qu’en 2015, il y a 121 millions d’enfants dans le monde qui n’ont même pas le droit à l’éducation.
(0:47 – 0:53)
Apprendre, c’est fondamental. Durant l’enfance et l’adolescence, notre seule raison d’être, c’est d’apprendre. Mais apprendre, c’est pas toujours facile.
(0:53 – 1:03)
C’est pas toujours accessible. On doit se rendre compte de l’immense chance qu’on a de pouvoir aller à l’école gratuitement jusqu’à nos 17 ans, voire plus. On doit se rendre compte de la chance qu’on a de pouvoir apprendre et de pouvoir s’éduquer.
(1:04 – 1:12)
Ce qui nous amène au système d’éducation actuel. L’école apparaît il y a 6000 ans avec l’apparition de l’écriture. Ça, c’était en moins 4000 avant Jésus-Christ.
(1:12 – 1:23)
On apprenait aux enfants l’écriture, la lecture, le sport et les arts. Ah, attention, quand je dis enfant, je parle bien sûr des garçons issus de familles riches seulement. Beaucoup plus tard, dans les années 1800, l’école devient obligatoire pour tous.
(1:23 – 1:30)
Du moins dans les pays occidentaux. Et c’est là que se forme le système d’éducation qui, encore aujourd’hui, est effectif. Voici une partie du problème.
(1:30 – 1:49)
Encore aujourd’hui, bien qu’il y a plusieurs composantes de l’école qui se sont modernisées, le système d’éducation est sensiblement le même qu’il y a 200 ans. Qu’est-ce qui se passe dans le monde dans les années 1800, en même temps que la création du système d’éducation ? L’industrialisation. On crée des machines à vapeur ou au charbon qui peuvent créer des produits beaucoup plus rapidement.
(1:49 – 1:57)
Ça crée des usines. Or, il faut énormément d’ouvriers pour pouvoir opérer ces usines-là. Et il faut que les ouvriers soient capables de performer et de suivre des indications précises.
(1:58 – 2:06)
Qu’est-ce qui se passe alors ? On réforme les écoles. On apprend à performer et à suivre des indications précises. Encore aujourd’hui, l’école est basée sur la performance.
(2:06 – 2:19)
On apprend des faits, des statistiques, des formules, et on les recrache en examen quelques semaines plus tard. Après ça, on recommence. On apprend d’autres faits, d’autres statistiques, d’autres formules, d’autres éléments scientifiques, historiques, peu importe, et on les recrache en examen quelques semaines plus tard.
(2:19 – 2:31)
On se rend compte avec du recul qu’on a oublié la plupart des choses qu’on a apprises. Est-ce que vous vous rappelez de tout ce que vous avez appris en science ou en géo il y a quelques années ? Pas sûr. À la fin de la session, du trimestre, de l’État, peu importe, on a un bulletin.
(2:31 – 2:38)
Ou pour chaque cours, il y a une note qui nous est donnée. Un chiffre. Un chiffre qui à lui seul définit ta valeur en tant qu’étudiant dans une matière.
(2:39 – 2:51)
T’as eu combien en maths ? 65 ? Ah, parce que moi j’ai eu 80, donc je suis 15 points plus intelligent que toi dans cette matière-là. Bon, j’exagère ici pour illustrer mon point, mais c’est ça, la réalité dans les écoles. On se compare avec nos notes.
(2:51 – 3:07)
Au Québec, on est chanceux, on a ce qu’on appelle la cote R. C’est un chiffre qui indique un petit peu ton niveau de succès à l’école. C’est donc un chiffre qui est extrêmement important pour avoir accès aux universités et à ce que tu veux faire plus tard dans la vie. Le problème avec la cote R, c’est que ça devient une obsession pour les gens qui ont mon âge au cégep.
(3:07 – 3:20)
On veut performer, on veut augmenter notre cote R, et donc on oublie le principal, apprendre. Si t’as une mauvaise note dans ton bulletin, premièrement, tu vas te comparer aux autres. Et après ça, tu vas te dire que t’es peut-être moins intelligent que les autres.
(3:21 – 3:29)
Sauf que l’intelligence, c’est beaucoup plus complexe que ça. On croit aujourd’hui qu’il y a plusieurs types d’intelligence. Selon le chercheur Howard Gardner, il y en aurait neuf pour être précis.
(3:36 – 3:50)
Autrement dit, chaque personne possède plusieurs intelligences, dont certaines qui ressortent particulièrement. Et ça, c’est des forces. Certains ont une force avec la musique, d’autres avec les maths et les chiffres, d’autres avec les langues, d’autres avec la philosophie, d’autres avec la danse, le sport.
(3:50 – 4:03)
Tout le monde a donc des forces et des faiblesses. Le problème, c’est qu’on ne nous permet pas de les découvrir. Si on sort du cadre des cours conventionnels, on est considéré comme un élève turbulent, comme un élève plus difficile, comme un élève qui serait peut-être moins intelligent que les autres.
(4:03 – 4:18)
Et comme ça, une future danseuse, par exemple, pourrait abandonner ses rêves au profit d’un chemin beaucoup plus traditionnel et accepté. Bon, vous avez compris les principaux problèmes du système d’éducation aujourd’hui. Maintenant, qu’est-ce qu’il faut faire ? Premièrement, il faut comprendre que l’école et l’apprentissage, c’est extrêmement important.
(4:19 – 4:30)
Et après ça, il faut changer la façon dont le système fonctionne maintenant. Je dois dire une chose, c’est que dans le dernier siècle, le système fonctionnait. Pourquoi ? Parce qu’après les études, on était capable de s’adapter et de trouver du travail.
(4:30 – 4:41)
Le problème, le voici, c’est que tout va changer très bientôt. Comme vous le savez sûrement, l’intelligence artificielle prend de plus en plus d’ampleur. Tous les grands entrepreneurs de la Silicon Valley s’entendent là-dessus.
(4:41 – 5:12)
D’ici 30 à 40 ans, les robots vont nous remplacer dans la plupart des métiers traditionnels. Dans 30 ans, le théorème de Pythagore que tu avais appris quand tu avais 14 ans, crois-moi qu’il y a des robots qui vont être capables de le faire 100 fois plus vite que toi et sans jamais se tromper. Les robots vont être excessivement plus intelligents et plus rapides que nous.
(5:13 – 5:21)
100 fois plus intelligents. On ne pourra pas compétitionner contre l’intelligence artificielle. Et c’est là qu’on se rend compte qu’on a un gros problème.
(5:21 – 5:29)
C’est que la plupart des choses qu’on a apprises à l’école ne nous serviront à rien. Il faut changer le système d’éducation maintenant. Pas dans 10 ans, maintenant.
(5:30 – 5:38)
Il faut qu’on se concentre sur ce qui, en tant qu’être humain, nous rend différent d’un robot. Et ça, c’est la créativité. Avec la créativité viennent les valeurs et l’empathie.
(5:39 – 5:57)
Vient aussi l’imagination et le travail d’équipe. Ça, c’est la force des êtres humains. C’est ce qui nous rend spécial.
C’est ce qui nous rend unique. C’est ça qu’on doit apprendre aux jeunes, dès aujourd’hui, dans les écoles. Concrètement, ça veut dire quoi? Ça veut dire des cours de musique, de danse, de photo, de cinéma, d’art plastique, de peinture, et à tous les niveaux.
(5:57 – 6:16)
Ça veut dire plus de projets, plus de travaux d’équipe, plus d’initiatives personnelles et plus de résolutions de problèmes. Au lieu de dire, tiens, voici des faits, maintenant que tu les apprends par cœur, il faut dire, tiens, voici un problème et c’est à toi de trouver la solution. Et quand on trouve par nous-mêmes des solutions à des problèmes, quand on l’apprend par nous-mêmes, on l’apprend pour la vie.
(6:17 – 6:26)
On ne l’oublie jamais. Je pense que les êtres humains sont exceptionnels. Je pense que tous les êtres humains ont quelque chose d’unique à l’intérieur d’eux qui peut leur permettre de changer le monde.
(6:27 – 6:33)
C’est maintenant qu’il faut s’en rendre compte. C’est maintenant qu’il faut changer le système avant qu’il soit trop tard. Merci.
Exercice A. Compréhension de la vidéo 1
Regardez la vidéo et réfléchissez à ces questions.
- Quelle est la différence entre l’éducation dans un pays dévelopé et celle des pays du tiers monde ?
- Quel est l’objectif des Nations Unies pour chaque enfant ?
- Quand est-ce que cet objectif devait être réalisé ? Est-ce qu’on a atteint l’objectif, à votre avis ?
- À quelle époque est-ce qu’on a appris à performer ?
- Pourquoi est-ce que cette différence est arrivée ? Pourquoi est-ce qu’apprendre seulement des faits n’est pas une éducation utile ? Qu’est-ce qui se passe au Québec qui ne permet pas aux étudiants de démontrer leurs idées et leur intelligence ?
- Quel est le problème qui limite les étudiants dans le système éducatif actuel ?
- Quel sera l’effet des robots et de l’IA sur le monde du travail ?
- Quand est-ce qu’on doit changer le système éducatif ? Quels cours est-ce qu’ Émile suggère ?
Vidéo 2 : Les étudiants internationaux. Interview avec une Sénégalaise
Transcription
(0:02 – 0:36)
Tout comme sa colocataire et amie Fagué, Aminata poursuit son idéal à des milliers de kilomètres de chez elle, à la Cité Universitaire Internationale de Paris. Mention très bien au bac à Dakar, bourse d’excellence du Sénégal, elle peut subvenir aux 650 euros de loyer et finir sa licence de sciences sociales et politiques. Sportive, impliquée dans la vie de sa résidence, Aminata se destine au métier de l’humanitaire, un rêve peut-être compromis par l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants non européens, multiplié par 10 voire 15 dès l’année prochaine.
(0:36 – 1:22)
Les élèves qui changent de cycle sont concernés et vu que moi je compte faire un master, je vais directement être concernée et ça risque déjà d’être compliqué parce que je comptais aller au Sénégal donc je faisais des petites économies pour me payer les billets et tout ça, donc là tout va être remis en question, c’est vraiment un chamboulement parce que je vais passer de 510 euros à près de 3000 euros, c’est tout simplement drastique. Anissé connaît cette résidence comme sa poche, il a vécu 4 ans ici au cœur de ce creuset parisien d’étudiants étrangers issus de 140 nationalités. Depuis la fin de sa bourse, ce doctorant ivoirien travaille, en même temps il termine sa thèse de communication politique à la Sorbonne.
(1:22 – 1:50)
Il échappe donc à la hausse des frais d’inscription, mais il dénonce vigoureusement une mesure discriminatoire. En ce qui me concerne les étudiants africains, ça va de plus en plus nous précariser alors que nous étions déjà dans une situation assez compliquée en ce qui concerne les procédures administratives. J’ai une soeur qui devrait théoriquement bénéficier de ses études en France, mais avec cette augmentation, je me demande bien si elle pourra le faire, si elle ne bénéficie pas de Goos.
(1:50 – 2:03)
Près de la moitié des 300 000 étudiants étrangers en France sont africains. Officiellement, le gouvernement français veut attirer les étudiants d’Inde, de Chine ou de Russie. Pour Aminata, Anissé et les autres, c’est un désaveu brutal.
Exercice B. Compréhension de la vidéo 2
Regardez la vidéo et réfléchissez à ces questions.
- Où est-ce qu’Aminata étudie ?
- Est-ce qu’elle a déjà fait des études supérieures dans son pays natal ? Expliquez.
- Quelle matière est-ce qu’ Aminata étudie ?
- Pourquoi est-ce que son rêve d’un métier humanitaire pourrait être compromis ?
- Aminata dit que les étudiants qui changent de cycle sont concernés par la hausse des frais universitaires. Qu’est-ce qu’elle veut dire par « cycle » ? (Faites des recherches sur Internet.)
- Comment est-ce que les changements aux frais universitaires en France vont toucher les étudiantes comme Animata ? De combien est-ce que les frais universitaires vont augmenter pour les étudiants étrangers ou étudiantes étrangères ?
- Le journaliste dit qu’Anicet « connaît la résidence où habitent beaucoup d’étudiants étrangers ou d’étudiantes étrangères comme sa poche. » Expliquez cette expression. Y a-t-il une expression similaire en anglais ?
- Pourquoi est-ce qu’Anicet – qui fait un doctorat – échappe à la hausse des frais universitaires ?
- Pourquoi est-ce qu’Anicet lance une mesure discriminatoire ?
- Il y a combien d’étudiants africains dans la population d’étudiants étrangers ou d’étudiantes étrangères en France ?
Présentation orale
Tâche
Maintenant c’est à vous de trouver des choses intéressantes ou bien controversées à propos de l’éducation. Faites des recherches sur Internet pour trouver un article dans un journal français ou francophone (Le Monde, Libération, La Presse, L’Express, Le Figaro, etc.), un site web d’actualités francophones (TV5Monde, RF1, etc.), ou bien d’autres sites d’informations (France Culture, par exemple) où vous pourriez trouver des clips vidéo ou des podcasts. Vous pourriez également chercher une chanson, une série à la télé, ou bien un film qui nous renseigne sur quelque chose concernant l’éducation qui se passe actuellement en France ou dans un autre pays francophone.
Objectif
Expliquer le contenu du matériel que vous avez trouvé et expliquer pourquoi vous l’avez choisi.
Paramètres
- Parlez pendant 2 à 3 minutes en français.
- Parlez : ne lisez pas.
- Soyez prêt ou prête à répondre aux questions.
Considérations techniques
- Choisissez votre temps verbal et respectez-le.
- Assurez-vous que votre public peut vous comprendre et vous suivre : choisissez votre vocabulaire avec soin.
- Détendez-vous et amusez-vous. Nous sommes ravis de vous entendre parler !
Participation
- Pendant les présentations de vos camarades de classe, remplissez une fiche pour chacune.